Une longue histoire !

Cela fait des siècles que le bouchon de liège naturel est le plus fidèle ambassadeur du liège. Le vin et le liège sont deux produits qui se complètent depuis longtemps. C ‘est ce que prouve une amphore datant du 1ère siècle avant JC trouvée à Ephèse ; celle ci était bouchée d’un bout de liège et contenait encore des traces de vin…

L’effondrement de l’Empire Romain marque la fin de l’usage des amphores et les Gaulois inventent le tonneau qui sert aussi bien à la garde du vin qu’à son transport.
À cette époque, le vin est tiré directement du fût pour être servi en pichet.

Mais au XVII ème siècle, l’industrie du verre et celle du “luxe”, se développe lentement. La fabrication des bouteilles se généralise et ramène le bouchon de liège sur le devant de la scène… C’est vers 1630-1640, que l’on recommence à utiliser des morceaux de liège taillés pour boucher les bouteilles, surtout celles des apothicaires. L’Angletterre est pionnière en la matière. Ces bouteilles “à la mode anglaise"n’arrivent pas en France avant 1707. Si l’origine du tire-bouchon (vis de bouteille en anglais à l’époque) est mal connue, on la situe vers 1680 et son utilisation se généralise ensuite en parallèle avec l’essor du bouchage liège!

Et c’est bien à Dom Pierre Pérignon (1638-1715), grand inventeur du champagne et procureur de l’Abbaye d’Hautvilliers près d’Epernay, que l’on doit l’idée géniale d’avoir remplacé les anciennes chevilles de bois entourées d’étoupe par le bouchon de liège. On raconte qu’il aurait observé les moines revenant de pèlerinage à St Jacques de Compostelle qui bouchaient leur gourde à l’aide d’un morceau de liège.
Dom Pérignon, futé, compris que ce matériau léger, élastique, souple, quasiment imperméable et imputrescible assurerait parfaitement le bouchage des bouteilles de champagne… On s’aperçut alors que le vin mis en bouteilles de verre bouchées avec du liège se bonifiait…
C’est ainsi que le liège et le vin reprirent leur vie commune.

La preuve par 10 avec ces 168 bouteilles de Champagne (Veuve Clicquot ) vieilles de plus de 200 ans repêchées auarge de l’archipel des Aland, au coeur de la mer Baltique en juillet 2010. Ces bouteilles faisaient partie d’une cargaison partie du nord de la France et qui faisait route vers la Russie. Plus concrètement, ces bouteilles étaient destinées à Catherine II de Russie. En effet, la trace d’un navire acheminant des présents français a été perdue entre la France et la Baltique. Ce qui correspondrait à l’endroit de la découverte. Seuls deux flacons ont été débouchés pour une dégustation exceptionnelle, qui a confirmé que le Champagne avait conservé toutes ses qualités grâce au bouchage liège ! Pour à nouveau 200 ans ?

Une équipe de spécialistes est parvenue à mettre en place une procédure permettant de reboucher ces bouteilles historiques sans perdre ni gaz, ni précieux liquide. Il a fallu fabriquer des bouchons spécialement adaptés à ces bouteilles, et concevoir une embouteilleuse manuelle spéciale. Le gouvernement des Iles Aland a annoncé la mise en vente aux enchères de quelques bouteilles qui devraient atteindre des prix astronomiques…